Bolloré aussi infecte que son pote

Son épouse, Sophie Bolloré, est la belle-soeur de Gérard Longuet, proche conseiller de Nicolas Sarkozy.
Il a également nommé Michel Roussin, ancien ministre de la coopération RPR, multiple mis en examen dans les affaires de financement occulte du RPR, comme responsable "Afrique" du Groupe Bolloré.

Il magouille avec les dictateurs africains (entre autres)
A lire absolument!
http://survie.69.free.fr/campagnes/Campagne%20Bollore/bollore.htm

 

"Et la planète pffffffffffffffffffffff! le fric oui "


Le groupe Bolloré a été créé en 1822 en Bretagne et figure aujourdhui parmi les 200 premiers groupes européens avec un chiffre daffaire tournant autour de 5 milliards deuros et employant plus de 30000 collaborateurs dans le monde.
Il sagit dun véritable empire qui sest construit essentiellement en Afrique ou il est présent, au travers de 70 sociétés, dans 35 pays dont 21 francophones. Vincent Bolloré a récupéré lentreprise familiale de papier à cigarettes pour en faire un groupe tentaculaire développant en Afrique une stratégie de monopole dans les transports et les secteurs à haute rentabilité comme le bois et les cultures de rente. Le groupe Bolloré a ainsi racheté en profitant des grandes vagues de privatisation une à une la plupart des infrastructures liées au transports terrestre (chemins de fer) et maritime (manutention portuaire, activités de transit, navires), ne reculant devant aucune collusion avec certaines dictatures, dont celle de Sassou Nguesso à laquelle Michel Roussin et Pierre Aïm (numéro 2 du groupe), apporteront leur soutien afin daccroître les positions rentières du groupe au cour de léconomie congolaise.

En rachetant le groupe Rivaud, connu pour avoir été la banque du RPR, Bolloré a acquis deux grandes sociétés forestières au Cameroun : la Sibaf à la frontière du Congo-Brazzaville (dont le site pittoresque a limmense privilège de recevoir lancien président français Valéry Giscard dEstaing, pour ses parties de chasse en forêt), et la Société HFC/Forestière de Campo, dans la province de lOcéan, à la frontière de la Guinée Equatoriale.

La logique monopolistique du Groupe Bolloré surtout dans un secteur aussi important que celui des transports est problématique car elle accentue évidemment les moyens de pressions sur des états déjà corrompus pour lapplication des règles internationales en matière de gestion et de renouvellement du patrimoine forestier. Or si lexploitation désastreuse de la forêt camerounaise nest pas contrôlée toute la forêt primaire aura disparu dans une échéance de 5 à 10 ans, sans oublier limpact de ces énormes exploitations sur les structures villageoises en compromettant la chasse vivrières, en supprimant les plantations traditionnelles et en poussant les populations locales à une dépendance envers les aliments importés.

Comme le souligne la Lettre des Amis de la Terre (05/03/1999) aux ministres de lEnvironnement et de la Coopération à propos du sommet de Yaoundé sur les forêts dAfrique équatoriale co-signée par 13 associations françaises : " lattribution récente de nombreuses concessions et de ventes de coupe a été faite en violation de la réglementation et en contradiction avec les projets financés par les bailleurs de fonds. La concession accordée à la HFC/Forestière de Campo, filiale du groupe Bolloré dans la réserve de Campo, gérée par le Fonds pour lenvironnement mondial (GEF) et laide bilatérale néerlandaise, en est un exemple".

Article réalisé notamment daprès les textes et dossiers noirs de la campagne de lassociation Survie sur ce groupe : www.survie-france.org

Dossier noir n14, Le silence de la forêt. Réseaux, mafias et filière bois au Cameroun.

Dossier noir n15, préparé par Pierre Caminade, Bolloré : Monopoles services compris. Tentacules africaines.

 

Bolloré et les dictateurs africains"

1- La constitution de lempire Bolloré
La stratégie africaine de Vincent Bolloré et de son groupe [1] est simple : elle consiste à contrôler toute la chaîne de transport, plus quelques filières de production hautement rentables. La vague de privatisations, imposées par les institutions financières internationales, lui permet de racheter le maximum dinfrastructures de transport et délargir sa gamme de produits tropicaux (cacao, coton, café, caoutchouc, huile de palme...). La gestion des réseaux ferrés sest ajoutée à celle des ports et lignes maritimes pour maîtriser le coût du transport de marchandises.
Compte tenu du fonctionnement économique et politique de nombreux pays dAfrique francophone, si lon se donne la peine daller y commercer et investir, cest quon y escompte plus de passe-droits et de profits quen France.

Le groupe Bolloré et ses liens politico-financiers

Vincent Bolloré récupère lentreprise familiale de papier à cigarettes et décide den faire une entreprise denvergure internationale. Il se diversifie et rachète un certain nombre dentreprises et de groupes. Il est aidé en cela par son ami Antoine Bernheim, lun des grands financiers français. Sa méthode consiste à sintroduire dans un groupe et à viser le pourcentage de participation qui permet den verrouiller le capital. Il a ainsi commencé par acquérir 11,5 % des actions de la holding Rue Impériale de Lyon, qui contrôle les trois banques Lazard de Paris, Londres et New York, jusquà en posséder 30 % en juillet 2000.
Parmi ses partenaires ou amis, on trouve entre autres Claude Bébéar, patron de lassurance AXA, président du club Entreprise et cité , et François David, président de la Coface qui instruit les garanties dinvestissement public.
Les acquisitions majeures du groupe Bolloré, celles qui lui ont permis de constituer un groupe puissant, sont : le contrôle du groupe SDV (Scac Delmas Vieljeux) grâce au rachat des 17 % que possédait AXA ; la reprise en 1996 du groupe Saga de son ami Pierre Aïm, alors n 2 de la manutention portuaire en Afrique ; le contrôle du groupe Rivaud, une nébuleuse qui comprend la célèbre banque du RPR [2] et un gros porte-feuille de plantations tropicales ; le rachat à lex-monopole français du tabac (la Seita) dune participation faisant de Bolloré le numéro un de la cigarette en de nombreux pays dAfrique.

Question politique, Vincent Bolloré a des affinités libérales [3] : François Léotard, Gérard Longuet (son beau-frère), Alain Madelin. Mais il a aussi recruté le gaulliste Michel Roussin en 1999.

Bolloré en Afrique

Cest un groupe résolument tourné vers lAfrique. Comme le dit son président, ce qui fait la spécificité de notre groupe, cest son implantation en Afrique [4]. Il y compte pas moins de 70 sociétés, implantées dans 35 pays (21 francophones et 14 anglophones). Il emploie 15 000 personnes (parmi lesquelles 250 expatriés) dans le transport et la logistique, et 3 000 dans la branche tabac (en 1997).
Dans les principaux pays où Bolloré est présent, on retrouve le même schéma dimplantation : des usines de cigarettes et parfois la culture du tabac, comme en Côte dIvoire, le contrôle des transports (le chemin de fer, la manutention portuaire, les activités de transit et les navires), les plantations (hévéa, caoutchouc, huile de palme, banane, coton et cacao) ; à quoi sajoute lexploitation forestière en Afrique centrale.

Ce schéma est fortement présent dans les pays suivants : la Côte dIvoire, le Gabon, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Togo, le Bénin, le Congo-Brazzaville, le Nigéria, lAfrique du Sud, lAngola. Par ailleurs, le groupe Bolloré sétend de plus en plus vers lAfrique de lEst avec le Kenya, Madagascar et lîle de la Réunion, où il assure la moitié du trafic maritime.

2 - Bolloré mène lAfrique en bateau
Une stratégie de monopole

En étendant sa présence dans différents secteurs du transport et de la production (avec les cultures de rente et le tabac), le groupe Bolloré se retrouve dans certains pays en position de quasi monopole voire de monopole. Situation quaucun pays occidental (la France, les États membres de lUnion européenne ou les États-Unis) naccepterait sur son propre territoire.

Le cas du transport est un exemple particulièrement flagrant.

Adossé au réseau international maritime et terrestre de la SDV dont il est propriétaire depuis 1996, et de la société OTAL, le groupe Bolloré possède le plus important réseau de transit et de logistique maritime et terrestre du continent. Trois sous-secteurs sont concernés :
le transit par lintermédiaire de la Scac (SDV), premier transitaire maritime et aérien français, qui a une implantation mondiale,
le transport maritime grâce à Delmas-Vieljeux, premier armateur privé français ; leader mondial sur laxe Nord-Sud, il exploite plus de 50 navires sous pavillons de complaisance, immatriculés aux Bahamas ou aux Kerguelen. Ils sont affrétés par la société SDV de Bolloré qui emploie essentiellement des marins, sous-payés, des pays du Sud,
la division terrestre internationale (DIT) qui, sous limpulsion dEtienne Giros, directeur général chargé des finances, coordonne pour SDV toutes les implantations terrestres (nombreuses et variées) du groupe Bolloré en Afrique. Elles touchent essentiellement à des activités complémentaires du transport maritime, permettant doffrir aux clients du groupe ce que Vincent Bolloré appelle un service de transport intégré, de bout en bout, de la sortie de lusine jusquà la porte de lutilisateur final .
Dans le transport maritime Europe-Afrique, Bolloré est en position de quasi monopole. Le seul concurrent sérieux dans ce secteur, le danois Maersk Lines, travaille surtout en Afrique australe.

Pour être totalement maître de la chaîne de transport, Bolloré étend sa présence sur deux autres fronts : le chemin de fer et les ports. En Côte dIvoire, Bolloré est en position de monopole grâce à la société Sitarail. Fin 1998, il remporte lexploitation du chemin de fer camerounais, la Regifercam, indispensable pour conforter les contrats emportés par le groupe dans le transport et la logistique des installations pétrolières au Tchad [5].

A lété 1998, Pierre Aïm crée la société Rail Afrique International avec comme associés Bolloré (à hauteur de 25 %) et Elie Khalil (porteur de 75 % du capital). Le but est de se positionner pour la reprise du CFCO (Chemin de Fer Congo Océan). Le 15 juin 1998, un accord de gré à gré est passé pour deux ans entre RAIL et le CFCO. Selon les termes de cet accord, RAIL met à la disposition du CFCO une enveloppe de 4 milliards de FCFA pour les travaux de la voie ferrée, lachat de pièces détachées, la réhabilitation des locomotives et un programme dassistance technique. Si cet accord ne remet pas en cause la privatisation (mise en concession) du CFCO par appel doffres international, sous contrôle de la Banque mondiale, il représentait une sérieuse option sur lavenir de la chaîne de transport congolais.

À terme, la stratégie de Bolloré est dintégrer davantage son activité en contrôlant en plus des bateaux, du transport et du stockage, les activités portuaires. Pour cela il cherche à se retrouver en pole position dans les ports de Pointe-Noire (seul port en eau profonde de la région), dOwendo-Libreville, de Port Gentil, de Douala (où il assure les travaux de dragage du chenal d ... au port [6]), en remontant jusquau port de Dakar. Sans oublier au Cameroun le port de Campo attaché à sa société HFC/Forestière de Campo, et le stockage via la Société dExploitation des Parcs à Bois du Cameroun (SEPBC). En 1997, Bolloré a pris une participation minoritaire au sein de la Société de dragage des Côtes dAfrique (SDCA), quil a entièrement acquise depuis.

Enfin noublions pas le coup magistral qui a permis au groupe Bolloré de verrouiller une bonne partie du réseau de chemin de fer dAfrique australe : le rachat en juillet 1999 à la CMB (Compagnie maritime belge) de son réseau de transport terrestre (chemins de fer et routes) en Angola, Mozambique, Zambie, Malawi, Botswana, Afrique du Sud.

Limplantation du groupe Bolloré

Activités Industrielles (cigarettes et contrôle d ... films plastiques)

Pays : Bénin, Burkina Faso, Congo-Brazzaville, Côte dIvoire, Gabon, Guinée-Conakry, Madagascar, Centrafrique, Sénégal, Tchad

Transport (terrestre, ferré et maritime ; logistique)

Pays : Afrique du sud, Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa, Côte dIvoire, Djibouti, Egypte, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Kenya, Libéria, Libye, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Centrafrique, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zimbabwe

Plantations (hévéa, caoutchouc, cacao, huile de palme, coton, banane)

Pays : Burkina Faso, Cameroun, Côte dIvoire, Gabon, Kenya, Libéria, Nigeria

Source : http://www.bollore.com

Liens financiers
Rachat du groupe SCAC
Rachat du groupe Rivaud en 1996
Rachat du groupe Delmas Vieljeux en 1996
30 % (en juillet 2000) de la holding Rue Impériale de Lyon
6 % du capital de Pierre et Vacances en juillet 2000
5 % du capital de la Seita en juillet 2000
Antoine Bernheim, grand patron français
François David, président de la Coface
Claude Bébéar, patron de lassurance AXA, et président du club Entreprise et cité .

Liens politiques
Rachat de la Saga de Pierre Aïm, qui renforce le contact avec les régimes marocain, ivoirien, tchadien, congolais, ...
Michel Roussin, ancien ministre français de la Coopération, retraité de la DGSE et de la gendarmerie
J.Y Ollivier, homme daffaires, proche de M. Roussin et conseiller de D. Sassou Nguesso
Jean Heinrich, ancien patron de la Direction générale des renseignements militaires
Liens politiques avec les libéraux : Gérard Longuet (son beau-frère), Alain Madelin ou François Léotard
Jean-François Charrier, ancien colonel, membre des réseaux africains de la Mairie de Paris

3 - Bolloré et les dictatures dAfrique
Le cas du Congo-Brazzaville

Le Congo-Brazzaville est le théâtre dune guerre civile marquée en octobre 1997 par la victoire et le retour du général Denis Sassou Nguesso (Sassou II [7]). Malgré le rejet des électeurs congolais, Sassou se retrouve à nouveau au pouvoir grâce à une alliance de soldats et miliciens recrutés sur critère ethnique, de forces étrangères (Angolais, Tchadiens, la garde présidentielle zaïroise et lex-armée rwandaise), et de mercenaires, notamment français [8]. Quant aux relations économiques, au moment où son isolement aurait dû rester total, Sassou les trouvera essentiellement, en dehors de la société Elf, auprès de Pierre Aïm et de Michel Roussin, respectivement poisson pilote et Monsieur Afrique du groupe Bolloré.

Sassou laisse sinstaurer la terreur, perpétrée par ses miliciens, auprès des populations originaires du sud du pays. Tout au long de lannée 1998 se multiplient les exactions : des villes et des villages sont bombardés, des habitations incendiées, des civils tués. Une partie de la population doit senfuir dans les forêts et les grottes avoisinantes. Lannée 1999 verra jusquà 500 000 [9] civils fugitifs ; une part non négligeable est morte de faim et de maladie dans la forêt. Le pouvoir congolais, avec laide de ses alliés, se lance dans une reconquête féroce du sud de la capitale et du pays. On assiste à un déchaînement de violences à lencontre des populations. Daprès une mission de lONU, en avril 1999, les villes de Nkayi et Dolisie ont été les cibles dun nettoyage ethnique. Massacres et mise en fuite des habitants ont eu pour résultat de faire passer la population de 120 000 à 3 500 personnes. Entre décembre 1998 et décembre 1999, il y a eu probablement plus de morts au Congo-Brazzaville que dans les conflits du Kosovo, du Timor oriental et de Tchétchénie réunis [10] .

Bolloré na pas seulement été le partenaire commercial de Sassou, il a profité de lisolement international dun régime criminel pour accroître des positions rentières au coeur de léconomie congolaise. Cette attitude néfaste du groupe Bolloré et de son représentant local à Brazzaville, Pierre Aïm, a conforté le dictateur Sassou dans la guerre ethnique entreprise contre la majorité de la population du pays.

Avec le rachat du groupe de transport Saga de Pierre Aïm, Bolloré sest ouvert un portefeuille de contacts avec les dictateurs africains les moins fréquentables dont le Congolais Sassou Nguesso et le Tchadien Idriss Déby. Il renforce aussi ses liens avec le monde des services secrets. Il recourt aux compétences de Jean Heinrich (ex-patron fort courtisé de la Direction générale des renseignements militaires), et sassocie très étroitement à Michel Roussin, haut retraité de la DGSE et ancien ministre français de la Coopération.

Pierre Aïm, éclaireur de Bolloré Vincent [11], est en affaires à haut niveau avec une bonne partie de la coalition pro-Sassou. Il nignore pas la voie des armes : sa société Saga était accréditée Défense. Elle participait au transport du matériel militaire vers les bases françaises en Afrique.

Cet investissement forcené au Congo-Brazzaville est lié au sort des armes. Dès lors, on ne peut passer sous silence lassertion de La Lettre du Continent (15/07/1999) selon laquelle Le projet ADES (aide et sécurité) intéresserait le groupe Bolloré pour la sécurisation du CFCO (Chemin de fer Congo-Océan) .

Bolloré, Aïm et le clan Nguesso multiplient les montages financiers dans les domaines de la logistique et du transport. Le soutien au régime Sassou II se traduit par le développement dentreprises où lon place des membres de la famille du dictateur.

Fin 1998, à linitiative de Pierre Aïm, une société de droit luxembourgeois est remise en activité : la Société Congolaise de Transport Maritime (SCTM). Par les arrêtés n 98-11 et 98-12, lÉtat congolais sest arrangé pour concéder à cette société privée dirigée par le neveu de Sassou, Willy Nguesso, 40 % des droits du trafic maritime. Ce qui peut représenter jusquà 100 000 $ par jour vu le fort tonnage denlèvements pétroliers, et permet ainsi de donner le maximum de garanties aux préfinancements nécessaires pour lachat de matériels destinés à la poursuite de la guerre.

Enfin le même type de manuvres est réalisé avec la société RAIL dont Pierre Aïm est président, et par laquelle Bolloré a acquis le quasi-monopole de linfrastructure congolaise en matière de transport et de stockage, de Pointe-Noire à Brazzaville.

4 - Bolloré : larbre qui gâche la forêt
La participation à la surexploitation des forêts

Aux confins du Cameroun, de la République centrafricaine, du Congo-Brazzaville et du Gabon, subsiste la forêt guinéo-congolaise, lune des forêts équatoriales les plus précieuses, un écosystème unique par sa biodiversité. Des communautés locales (pygmées et bantoues) en vivent. La région doit être protégée dune exploitation non discriminée.

Bolloré, en rachetant le groupe Rivaud, a acquis notamment deux grandes sociétés forestières au Cameroun : la Sibaf à la frontière du Congo-Brazzaville (dont le site pittoresque a limmense privilège de recevoir lancien président français Valéry Giscard dEstaing, pour ses parties de chasse en forêt), et la Société HFC/Forestière de Campo, dans la province de lOcéan, à la frontière de la Guinée Equatoriale.

Au Cameroun, lexploitation de la forêt est désastreuse : la forêt littorale est quasiment épuisée, les routes fractionnent la forêt primaire, aucune essence [12] coupée nest replantée et lexploitation vers lest du Cameroun seffectue maintenant à plus de 1 000 kilomètres de la côte. Si cette tendance ne sinverse pas, toute la forêt primaire aura disparu dans une échéance de 5 à 10 ans. Ceci pousse les exploitants forestiers vers le Congo-Brazzaville et le Centrafrique.

Prenons lexemple de la société HFC/Forestière de Campo. Elle exerce ses activités dans une réserve de 237 000 hectares. Elle en a déjà exploité 137 000. Le groupe Bolloré y possède :
deux scieries dont une spécialisée dans les traverses de chemin de fer,
le port de Campo, un port privé où viennent charger les bateaux de Delmas (filiale de Bolloré),
sur le fleuve Ntem, frontière entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale, se trouve lîle de Dipikar, classée au Patrimoine mondial par lUNESCO, ce qui na pas empêché le groupe Bolloré dopérer des coupes de bois jusquà ce que les pressions de la Banque mondiale (en particulier sur le gouvernement camerounais) fassent cesser ces activités.

La présence du groupe Bolloré au sein de la Forestière de Campo, et ses méthodes de gestion, posent des problèmes dordre écologique, social et culturel.

Au niveau écologique, lécosystème est loin dêtre préservé. Il sagit dune exploitation intensive de quelques essences recherchées sur le marché international. Les conséquences des coupes de bois sur le renouvellement de la faune et de la flore sont désastreuses.

Au niveau social, on constate que lexploitation des forêts oblige à des déplacements de populations. Leur sécurité alimentaire est compromise par la coupe dessences comme le moabi (Bailonnella toxisperma) dont les fruits fournissent la seule huile alimentaire disponible en forêt. Ajouté au braconnage à grande échelle [13] qui compro- met la chasse vivrière, ce type dexploitation forestière (qui supprime les plantations vivrières traditionnelles) pousse les populations locales à une dépendance envers les aliments importés (riz, poulet...).

Des essences utiles à la pharmacopée (comme lIroko, Chlorophora excelsa) sont surexploitées. Enfin le développement de la prostitution, de maladies comme le sida, lintroduction de lalcool distillé, sont des conséquences indirectes de lactivité forestière telle quelle est pratiquée.

Des accords ont été passés avec les villages riverains de la Forestière. Ils nont jamais été respectés, notamment à cause des passe-droits obtenus dun gouvernement et dune administration particulièrement corrompus. Ainsi lattribution récente de nombreuses concessions et de ventes de coupe a été faite en violation de la réglementation et en contradiction avec les projets financés par les bailleurs de fonds. La concession accordée à la HFC/Forestière de Campo, filiale du groupe Bolloré dans la réserve de Campo, gérée par le Fonds pour lenvironnement mondial (GEF) et laide bilatérale néerlandaise, en est un exemple [14] .

La société HFC/Forestière de Campo refuse aux villageois l ... aux dépôts de déchets de bois. Il ny a aucune politique de valorisation des déchets : ceux-ci brûlent en permanence avec dans le même tas les bidons en plastique de pesticides utilisés pour le traitement du bois.

Enfin on note lexistence de conflits entre populations et exploitants, car certaines essences commercialisées ont une valeur culturelle : comme le Bubinga (Guibourtia demensis), arbre qui attire les abeilles (important pour la récolte de miel) et au pied duquel les villageois viennent régler leurs conflits. Malheureusement pour les villageois, ce bois a aussi une très grande valeur commerciale.

Labsence de gestion rationnelle et respectueuse de lenvironnement, de la Forestière de Campo par le groupe Bolloré a donc des conséquences dramatiques sur les forêts (la faune et la flore), mais également sur la population. Des infractions ont dailleurs été relevées récemment sur la société Sibaf (la seconde société forestière au Cameroun appartenant au groupe de Bolloré). Le groupe Bolloré a été condamné à une amende de 60 000 FF.

Pour approfondir les questions abordées, vous pouvez vous référer au :

Dossier noir n 14, Le silence de la forêt. Réseaux, mafias et filière bois au Cameroun.
Dossier noir n15, préparé par Pierre Caminade, Bolloré : Monopoles services compris. Tentacules africaines.

 

Vincent Bolloré précise que son groupe ne fait pas partie des valeurs de l'indice CAC 40 et n'a "jamais eu aucune relation commerciale avec l'Etat Français".





l'entreprise de bolloré n'est pas côté au CAC 40, certes, mais par contre pour la seconde affirmation, j'ai quelques doutes :

VU ICI : http://www.journal-officiel.gouv.f [...] ttribution



Citation :


Annonce N357, publiée le 15/01/2007 dans le BOAMP 003 C, dépt. 38

Avis d attribution de l'annonce N78, publiée le 22/02/2006

Nom et adresse officiels de l'organisme acheteur : ministère intérieur et aménagement.

Correspondant : préfet délégué pour la sécurité et la défense, 20, rue de l'Espérance, B.P. 3331, 69405 Lyon Cedex 03, tél. : 04-37-91-30-00, télécopieur : 04-37-91-30-06.

Référence de la publication au B.O.A.M.P. :
Parution n 37 A, annonce n 78 du 22 février 2006.

Objet du marché : mise en place de locaux de sûreté modulaires à l'hôtel de police de Grenoble (38).

Type de marché de travaux : exécution.

Type de procédure : appel d'offres ouvert.

Nom du titulaire/organisme : BOLLORE S.A., parc d'activité du Ragon, 14, avenue Louis-Pasteur, 44119 Treillieres.

Montant (H.T.) : 342 329,00 EUR (H.T.)

Date d'attribution du marché : 11 décembre 2006.

Autres informations : avis rectificatif du 21/03/2006 bulletin 56 A n71

Date d'envoi du présent avis à la publication : 19 décembre 2006.

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12/05/2007
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