Idéologie et falsification de l'histoire

idéologie de falsification de l'histoire

http://www.betapolitique.fr/spip.php?breve0756

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La création dun ministère de limmigration et de lidentité nationale est le fruit dun travail idéologique de falsification de lhistoire.

Huit universitaires ont démissionné des instances publiques de la Cité nationale de lhistoire de limmigration (CNHI) pour protester contre la création dun ministère de lImmigration, de lIntégration, de lIdentité nationale et du co-développement. La Cité, chargée de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à lhistoire de limmigration en France , est née en 2003.

Patrick Weil explique sa démarche dans une interview à Libération (18/05/07).

Dautres historiens réagissent à ce travail idéologique de la droite, notamment au sein du Comité de vigilance face aux usages publics de lhistoire

On y lira notamment deux articles :

Lhistoire par Nicolas Sarkozy : le rêve passéiste dun futur national-libéral, par le CVUH, coordonné par Sylvie Aprile (Université de Tours)

Sylvie Aprile analyse la reprise et loccultation des grands hommes de lhistoire française par Sarkozy. Lapparente confusion des références historiques de Nicolas Sarkozy, leur accumulation, leur caractère hétéroclite et paradoxal, pour celui qui se réclame de la droite décomplexée, ont plusieurs fonctions. Elles servent dabord à faire oublier ses alliances sociales et médiatiques : le MEDEF et les grands patrons des médias. Pour parvenir au pouvoir, Nicolas Sarkozy est resté lhomme de l entre soi de la grande bourgeoisie . Elles ont ensuite un but idéologique précis : dissimuler, par une agitation constante, la vérité de son programme économique et moral, ce néo-bonapartisme libéral qui le range du côté des dirigeants les plus inquiétants et les plus aventureux de la planète. Les procédés multiples par lesquels Nicolas Sarkozy réécrit lhistoire à sa façon sont lourds de conséquences : produisant un brouillage du sens de lhistoire, ils ont pour but de désarmer toute critique. Nicolas Sarkozy ne détourne pas par hasard nombre de références historiques de gauche comme Jaurès ou le Front populaire, il ninverse pas innocemment le sens de mai 1968 au point de prétendre en faire lorigine du capitalisme amoral que Mai 68 combattait. Cest seulement au prix de ce confusionnisme de tous les instants quil peut espérer tromper les classes populaires, rassurer et leurrer les indécis. Nicolas Sarkozy est le contraire absolu du chiffonnier de lhistoire de Baudelaire et de Walter Benjamin, qui en sauve les débris pour tirer de loubli les vaincus du progrès. Cest la France comme entreprise en crise dont il se veut le repreneur sans scrupule : il en reprend les références en gros, quitte à les abandonner après, une fois la plus-value électorale effectuée.

Les usages de lhistoire dans le discours public de Nicolas Sarkozy, par Gérard Noiriel (EHESS)

Gérard Noiriel analyse lanti-repentance et le concept dhistoire communautariste développés par Sarkozy Ce discours mémoriel a donc pour première fonction de convaincre le grand public que le candidat de lUMP est le digne héritier de ces héros nationaux. Mais il a aussi pour but de fabriquer un consensus occultant les rapports de pouvoir et les luttes sociales. Le discours de Poitiers est une sorte de Disneyland de lhistoire dans lequel il ny a que des gentils, des hommes bons. La captation dhéritage est aussi un détournement destiné à occulter le fait que les leaders du mouvement ouvrier, comme Jaurès et Blum, ont été avant tout des militants, au coeur des combats politiques de leur temps. Le candidat de lUMP nhésite pas à faire référence au Front Populaire : Jai cité Léon Blum parce que je me sens lhéritier de lenfant qui en 1936 grâce aux congés payés jette sur la mer son premier regard émerveillé et entend prononcer pour la première fois le mot vacances . Dans le passage consacré à lanti-repentance, on constate aussi que le candidat UMP a forgé un nouveau concept , inconnu jusquici des historiens, celui de communautarisme historique . Je doute quil laisse sa marque dans lhistoire de la pensée, mais ce nétait pas le but visé par son auteur (...) Parler de communautarisme historique pour disqualifier ceux qui défendent la posture de la repentance, cest la même chose que dénoncer la racaille dans les conflits sociaux. Cest utiliser des références propres à un domaine, pour les plaquer sur un autre. Dans les deux cas, il sagit de criminaliser des points de vue concurrents pour mieux les discréditer.


21/05/2007
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