L'Etat doit 5, 2 milliards d'euros a la sécurité sociale


et cela devrait être aux malades de se serrer la ceinture. Un peu de pudeur, bon sang !


LE MONDE | 31.05.07 | 15h04 Mis à jour le 31.05.07 | 15h04

La précision, apportée dans le bilan de l'Etat, ne manque pas de sel : la dette de l'Etat à l'égard des organismes de Sécurité sociale s'élève à 5,257 milliards d'euros fin 2006.

Selon le compte général 2006 de l'Etat, qui a été détaillé, le 30 mai à Bercy, l'Etat doit 412 millions d'euros à la Caisse nationale d'allocations familiales au titre de l'allocation adulte handicapé et 255 millions au titre de l'allocation de parent isolé ; 373 millions à la Caisse nationale d'assurance-maladie des travailleurs salariés au titre de l'aide médicale d'Etat et 118 millions au titre de l'allocation spéciale d'invalidité. Les exonérations de cotisations sociales, dont l'ampleur a été critiquée pendant la campagne, représentent un total de charges à payer de 3,22 milliards d'euros, le reste - 875 millions - étant constitué de dettes de fonctionnement.


L'importance de ces dettes devrait conforter FO, longtemps gestionnaire de l'assurance-maladie, dans son analyse traditionnelle des causes du déficit de la "Sécu". Et pourrait raviver les craintes des syndicats et du patronat de voir l'Etat puiser dans les excédents attendus en cas de fusion de l'Unedic avec l'ANPE et d'étatisation de ce régime paritaire. L'annexe du compte général de l'Etat précise en outre que les engagements de retraite, seuls, représentent près des trois quarts des engagements hors bilan de l'Etat (1 255 milliards au total). Pour les pensions des fonctionnaires de l'Etat et des militaires, ils sont évalués à 941 milliards d'euros au 31 décembre 2006, soit 53 % du PIB. Sur ce total, près de 60 % concernent des fonctionnaires de l'Etat déjà à la retraite.

Les besoins de financement actualisés du régime de retraite des agents de l'Etat, c'est-à-dire la somme des déficits futurs sur la très longue durée, sont évalués à 423 milliards d'euros à l'horizon de 2106. Ceux des régimes spéciaux - SNCF, RATP, fonds social des ouvriers des établissements industriels de l'Etat, invalides de la marine et mineurs - atteindraient 230 milliards d'euros à la même date.

Claire Guélaud
Article paru dans l'édition du 01.06.07


07/06/2007
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